Oeuvre d'une ampleur exceptionnelle, placée sous le parrainage de Salinger et Fitzgerald, La Ballade de l'impossible est le livre qui a révélé Haruki Murakami. Un superbe roman d'apprentissage aux résonances autobiographiques, dans lequel l'auteur fait preuve d'une tendresse, d'un charme poétique et d'une intensité érotique saisissants.
Au cours d'un voyage en...
Lire la suiteOeuvre d'une ampleur exceptionnelle, placée sous le parrainage de Salinger et Fitzgerald, La Ballade de l'impossible est le livre qui a révélé Haruki Murakami. Un superbe roman d'apprentissage aux résonances autobiographiques, dans lequel l'auteur fait preuve d'une tendresse, d'un charme poétique et d'une intensité érotique saisissants.
Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : «Norwegian Wood». Instantanément, il replonge dans le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans.
Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux.
Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l'aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît...
Extrait du livre :
Quand je parle d'autrefois, il s'agit tout au plus d'il y a vingt ans et, à l'époque, je vivais dans un foyer d'étudiants. J'avais dix-huit ans et je venais tout juste d'entrer à l'université. Je ne connaissais rien de Tôkyô et, comme c'était la première fois que j'allais vivre seul, mes parents, inquiets, m'avaient trouvé ce foyer. On y servait les repas, et il était pourvu de divers équipements, aussi le jeune homme de dix-huit ans inexpérimenté que j'étais pouvait-il se débrouiller. Bien sûr, il y avait aussi le côté financier. Le foyer revenait bien moins cher que si j'avais vécu seul. Un matelas et une lampe de chevet suffisaient, il n'y avait rien d'autre à acheter. Si j'avais pu, j'aurais préféré louer un appartement et vivre seul comme bon m'aurait semblé, mais, vu les frais d'inscription et de scolarité de cette université privée et ce qu'il fallait par mois pour vivre, je n'avais pas le droit de m'entêter. De plus, peu m'importait finalement l'endroit où j'allais vivre.
Ce foyer était situé sur une des hauteurs de la ville, et la vue était dégagée. Le terrain, vaste, était entouré d'un mur de béton. Après avoir passé le portail, on se retrouvait devant un immense keyaki qui se dressait tout droit. Il était vieux d'au moins cent cinquante ans. Quand, debout au pied de l'arbre, on levait les yeux vers le ciel, on ne le voyait pas, caché qu'il était par les branchages.
Le chemin cimenté contournait cet arbre immense avant de couper la cour intérieure en ligne droite. De chaque côté se dressaient deux bâtiments parallèles à deux étages, en béton armé. C'étaient de grands bâtiments avec beaucoup de fenêtres qui donnaient à ceux qui les regardaient l'impression de bureaux transformés en appartements, ou vice versa. Mais c'était propre, et cela ne faisait pas mauvaise impression. Le son de la radio s'échappait par les fenêtres grandes ouvertes. Les rideaux étaient de couleur crème, une teinte qui ternit difficilement au soleil.
Pages: 389, Broché, Belfond